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Infos utiles

Mairie d'Issenheim
2 rue de rouffach
Tél 03 89 62 24 30
Fax 03 89 62 24 31

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L'ancienne communauté juive

 

Le Traité de Westphalie amène un profond changement dans la situation des Juifs d'Alsace, moins dans les textes que dans les faits. La France ne rencontre qu'incompréhension ou hostilité de la part de la population alsacienne. Pour les Juifs se présente enfin l'occasion inespérée de sortir d'une situation avilis-sante. La France a besoin de chevaux, de fourrage et de tout ce qui est nécessaire à une armée en campagne. Les Juifs s'offrent à les lui procurer.

Quand en 1671, Armand Charles Duc de MAZARIN, Seigneur d'Issenheim, ordonne l'expulsion des Juifs d'Alsace. Le Roi informé par LOUVOIS demande immédiatement de surseoir à l'exécution des ordres de MAZARIN.

A Issenheim, en 1660, la maison située devant le château seigneurial abrite une famille juive. Un dénombrement des familles israélites habitant en Alsace mentionne deux familles à Issenheim, en 1689. En 1716, elles sont déjà au nombre de neuf.

Dans une requête datée de 1707, des bourgeois d'ici protestent contre diverses personnes qui louent leurs maisons à des Juifs, moyennant un loyer considérable. Les suppléants en souffrent, car disent-ils : "...les Juifs sont exempts de corvées ; s'ils louaient ces logements à d'autres personnes, elles feraient les corvées... ".
Dans la même requête, qui concerne tous ceux qui, à Issenheim, s'exemptent de corvées, "ce qui surcharge extrêmement les pauvres", on cite trois Juifs qui "ont chacun une maison à eux propres, les ayant acquis de quelques bourgeois d'Issenheim et qui s'exemptent également".

De la même époque date une autre supplique contre les Juifs de la commune. on y lit notamment : "Il y a huit familles juives qui occupent sept des principales maisons, dont cinq qu'elles tiennent en louange et deux en propre".

En 1768, il y a 14 familles israélites à Issenheim. La duchesse de MAZARIN favorise leur installation, en leur proposant de vieilles maisons ruinées qui se trouvent dans les cours de son château.

En 1773, leur nombre passe à 19. Le décret de l'Assemblée Nationale du 27 septembre 1791, voté malgré l'opposition des députés alsaciens, en fait des "citoyens citoyens actifs", égaux en droits à leurs concitoyens non juifs. Mais en attendant, ils ne sont pas mieux vus pour cela.

A Issenheim surtout, leur sort est à plaindre. On les taxe arbitrairement et quand ils refusent de payer, on les arrête. Le soir, des patrouilles circulent dans les rues, pénètrent dans leurs habitations, éteignent les lumières et les obligent à se coucher. Le cimetière israélite de Jungholtz, lieu de sépulture des Juifs d'Issenheim, souffre terriblement de la répression antisémite. Sur les 2000 pierres tombales, seules une vingtaine y sont épargnées.

En novembre 1794, la communauté juive d'Issenheim, composée de 23 familles, comprend 114 personnes. Elles habitent pour la plupart au coeur du village, dans la Judengasse, l'actuelle rue de la Synagogue. L'état des patentes délivrées le 14 brumaire de l'an 5 (novembre 1796) nous renseigne sur les professions qu'exercent les chefs de famille. Dans leur majorité, il s'agit de colporteurs qui remplissent une fonction économique très utile, car ils apportent au paysan tout ce dont il a besoin dans sa ferme éloignée. On dénombre 3 marchands de bétail qui sont aussi bouchers, deux autres marchands, dont un épicier, un dernier enfin qui n'exerce que le seul métier de boucher.

En 1808, les autorités municipales délivrent 24 patentes à des Juifs. La même année, la synagogue d'Issenheim continue d'être la cible privilégiée des malveillants. Un anonyme jet de pierre y brise une fenêtre.

L'article 17 du décret du 17 mars 1808 astreint les Juifs au service militaire personnel, en les privant de la faculté dont jouissent les autres citoyens de fournir des remplaçants. En 1809, le maire désigne les Juifs concernés par la conscription. Comme l'état-civil n'existe que depuis la Révolution, la date de naissance de nombreux sujets israélites ne se trouve consignée dans aucun acte officiel. Les autorités municipales doivent donc faire appel au rabbin pour déchiffrer les carnets du circonciseur : 147 Juifs sont alors domiciliés à Issenheim.

Certains Israélites acceptent difficilement de renoncer à leurs pratiques cultuelles, ainsi qu'aux règles alimentaires. Gabriel SCHRAMECK, né en 1795 à Issenheim, est enrôlé dans l'armée napoléonienne et versé dans le corps des tailleurs. Le respect du Schabbat est sa préoccupation essentielle : "...Mais que je sois contraint de travailler le Schabbat, cela je ne pouvais l'accepter. Durant la semaine, j'endurais tout avec résignation, je nie levais même avant tous les autres tailleurs et ic m'efforçais, en travaillant plus qu'eux, d'obtenir que je puisse respecter le Schabbat. C'est en vain que je me dépensais ainsi".
Prisonnier des Cosaques, affamé et affaibli, il refuse cependant de manger du lard, ainsi que toute autre nourriture défendue : "...Afin de respecter notre religion, nous avons souffert de faim et nous nous sommes efforcés de ne rien manger, de ce qui fut interdit ".

En septembre 1820, trois individus troublent le culte des Juifs. L'année suivante les postillons et domestiques du maître de poste exercent des voies de fait sur un juif de Bollwiller.
En 1848, des troubles surviennent à Issenheim. Empruntons à Auguste FEHRENBACH, instituteur en 1925, le passage qui suit :
"En 1848, ils furent persécutés durement. Des sujets emportés et intolérants démolirent la synagogue et, d'un coup de pierre, tuèrent une femme juive au coin de la maison KING, dans la rue de Soultz (actuellement rue de Guebwiller). Le tribunal sévit aussitôt".
Soucieux de vérifier et d'approfondir les révélations de FEHRENBACH, nous avons orienté nos recherches en ce sens. Malheureusement, l'état civil de notre commune ne mentionne aucun décès de femme israélite en 1848 à Issenheim.

Pourtant cette année là, d'importants désordres sont commis contre la communauté juive de notre localité. Le 26 avril, le maire de Soultzmatt, qui dans son village passe, aux yeux de certains, pour leur protecteur; s'informe sur les événements survenus à Issenheim :
"Mon envoyé qui est un membre du Conseil Municipal m'a rapporté que non seulement les mauvais traitements qui n'avaient que commencé à Issenheim doivent se terminer par une razzia complète contre ces malheureux citoyens, que non seulement on se porterait en masse contre les Juifs de notre commune (Soultzmatt), mais que le maire serait exposé à leur vengeance".

En 1895, il ne reste plus que 32 Juifs à Issenheim. Pour expliquer la baisse de la population israélite, plusieurs facteurs sont régulièrement mentionnés. En premier lieu, la disparition du relais de la poste aux chevaux consécutif à la construction du chemin de fer.
En second lieu, le fait que les Allemands n'estimaient guère cette population. On attribue aussi cette désaffection à la création de la Caisse Mutuelle de Dépôts et de Prêts qui prête de l'argent à un taux moindre que les Juifs.

On oublie ainsi souvent la raison principale de ces départs. Il s'agit de l'option, à savoir le libre choix de nombre d'israélites de s'établir Outre-Vosges, par fidélité pour le pays, le premier au Monde, à les avoir émancipés.

En 1865, la communauté israélite d'Issenheim demande une allocation annuelle à la commune pour subvenir aux frais de culte. Dans une lettre adressée au préfet du Haut-Rhin, les membres de la commission administrative en exposent les raisons suivantes :
"...Jadis, les familles israélites de cette commune ont été assez nombreuses et aisées pour pourvoir toujours suffisamment elles-mêmes aux frais de leur culte. Mais le 25 avril 1848, un coup terrible a été porté à cette communauté. Une émeute éclatée dans le dit endroit avait donné occasion à plusieurs factieux, d'enfoncer la porte de la synagogue et d'y faire de grands ravages. Les réparations ont coûté bien cher, sans qu'on y ait pu obtenir le moindre secours de la part de la commune. Dès cette époque la dite malheureuse communauté a tellement diminué en nombre et en aisance, que tous les fonds disponibles ont successivement été tout à fait épuisés, de sorte que déjà pour l'exercice en cours elle a un déficit de 160 Francs et 70 centimes... "

Ce courrier confirme bien les troubles survenus en 1848, mais il ne justifie pas réellement les causes de la diminution de la population juive locale, sur lesquelles nous reviendrons plus loin.
En 1883, d'ailleurs notre bourg compte encore 39 Israélites.

En octobre 1908, une demande d'augmentation de l'indemnité de logement du rabbin est rejetée. Le motif en est la régression de la population juive d'Issenheim. Deux mois plus tard, une lettre du Kreisdirektor incite le Conseil Municipal à revoir sa position dans cette affaire. Il décide de majorer de 6 Marks la dite indemnité, pour la porter à 30 Marks par an.

En 1925, on ne compte plus dix Juifs dans le village.
En 1929, la synagogue d'Issenheim est vendue à Auguste et à Hélène.

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