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Les débuts de l'industrialisation

Les origines

Depuis des temps immémoriaux, Issenheim possédait deux moulins. Ils étaient établis sur le Muhlbach, un ancien bras de la Lauch. Plusieurs siècles s'écouleront avant qu'un Y établissement de ce type ne soit installé en aval des deux précédents.

C'est en 1768, le 18 février précisément, que Bernard SCHOFFÉ d'Issenheim obtient la permission de construire un foulon (moulin servant à fouler des étoffes de laine) à un tournant sur le Muhlbach. Cette autorisation lui est accordée moyennant le paiement d'une somme de 100 livres et d'une rente annuelle de 4 livres.

L'état des patentes de pluviose de l'an 5 (janvier 1797) confirme toujours l'activité du "lainier-dégraisseur", Bernard SCHOFFÉ.

Au début du 19e siècle, le petit complexe industriel passe entre les mains du sieur Bernard SCHELLBAUM. Celui-ci le vend en 1809 à Joseph ZIMMERMANN, fils cadet de l'ancien maître de la poste aux chevaux du lieu.
Joseph ZIMMERMANN s'associe alors à son frère Jean THIÉBAUT. Le 12 mars 1811, les frères cèdent le moulin à titre de bail, pour un canon annuel de 1.000 frs à un certain Antoine SEIB, originaire de Dannemarie. Ce dernier y exerce, fin 1814 encore, le métier de foulonnier. 

Les débuts

En 1816, les deux frères ZIMMERMANN et leur nouvel associé Abel BAÜMLIN construisent une filature de coton à côté de l'ancien foulon, converti plus tard, en atelier de constructions.
En 1818, il est procédé au montage des cardes et métiers à filer construits à Issenheim, sous la direction de Antoine HERZOG, le collaborateur technique de Nicolas SCHLUMBERGER.
En 1822, la manufacture se développe par l'adjonction d'une seconde filature à cinq étages, le supérieur brûla en 1868, puis le bâtiment entier en 1881.

 

La première crise

 

L'année 1822 est également celle qui voit naître la première crise à l'usine d'Issenheim. Elle confronte ses dirigeants et ses ouvriers surtout, aux durs problèmes économiques du monde industrialisé.

Début décembre, sept fabricants de fils de coton, dont les frères ZIMMERMANN, se réunissent à Issenheim. Ils décident, malgré la stagnation de leurs affaires, de ne pas vendre leurs produits à trop bas prix. Ils vont d'ailleurs adresser une pétition au gouvernement, en le priant de trouver un moyen pour faciliter l'exportation.
Mais déjà avant cette réunion, les frères ZIMMERMANN avaient annoncé la diminution du salaire de leurs ouvriers. Ils argumentaient de l'impossibilité de vendre leurs fils à un prix avantageux.

 

La condition ouvrière

 

Le 15 mars 1823, la filature de coton "ZIMMERMANN frères et BAÜMLIN" compte 280 salariés. L'état nominatif des ouvriers employés à la fabrique nous renseigne avantageusement sur les lieux d'origine et de résidence, ainsi que sur l'âge des travailleurs.

Le recrutement des ouvriers se fait principalement sur Issenheim et quelques villages à l'entour. Les pénibles conditions de travail, dont la durée journalière est de 12 à 14 heures, liées à l'insalubrité des locaux et à la promiscuité qui y règne, ne favorisent guère l'épanouissement physique et moral de la population ouvrière. Aucune loi sociale ne règlements encore le travail à l'intérieur des entreprises.

 

Des enfants à l'usine

 

Il est stupéfiant de constater l'importance quantitative du contingent formé de très jeunes ouvriers. Des gamins de six ou sept ans, dont la misère familiale empêche la scolarisation y gagnent difficilement quelques dizaines de centimes par jour. Sur l'ensemble des 280 salariés, 22 ont moins de 10 ans, 107 moins de 14 ans, 228 moins de 21 ans, enfin 252 moins de 30 ans.

Près de la moitié du personnel, 135 fileuses très exactement, est de sexe féminin. Il s'agit d'adolescentes surtout, livrées à elles-mêmes et victimes de l'ancestral droit de cuissage.

Les registres d'état-civil mentionnent de plus en plus de naissances illégitimes. Parallèlement à cet abaissement des moeurs dans le village, l'alcoolisme devient une des plaies du canton. Les rapports de police rapportent que la population agricole se laisse aussi gagner par la "débauche ouvrière".

 

L'expansion

 

Toujours en 1823 arrive Jean-Baptiste SPETZ. Il a 17 ans à peine et sort de l'Ecole des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne. Il devient l'associé des frères ZIMMERMANN, ses oncles. Il prendra rapidement la direction de l'établissement.

Dès 1824, on y monte le deuxième tissage mécanique installé en Alsace. L'année suivante l'effectif grimpe légèrement à 300 ouvriers qui produisent annuellement 750 quintaux métriques de coton filé. La modernisation de l'usine se poursuit par l'installation de la première machine à vapeur.

Des statistiques industrielles sur l'établissement "ZIMMERMANN frères et BAÜMLIN" sont établies le 31 mai 1826. Elles nous apprennent que la manufacture qui comptait une centaine d'ouvriers à sa création, en occupe à présent près de 400. Contrairement aux usines du voisinage, elle n'emploie aucun personnel étranger. Le salaire journalier moyen d'un ouvrier est alors de 80 centimes.

La matière première, c'est-à-dire le coton, est importée d'Egypte ou des Etats-Unis d'Amérique. En 1825, 120 tonnes y sont converties en 1000 quintaux métriques de coton filé. Ce fil est ensuite revendu aux tissages de la région pour y être transformé en tissu.

A cette époque, l'usine est équipée de métiers à filer de type Mulgenys. On y compte 13.000 broches et on y consomme annuellement 80 stères de bois et 4.200 quintaux métriques de charbon de Ronchamp.
En 1839, sont entrepris des travaux de canalisation pour établir des turbines Fourneyron. Mises en place en 1841, elles seront par la suite remplacées par des turbines Jonval, construites par les établissements André KOECHLIN et Cie.

 

La retraite des fondateurs

 

C'est en 1840 que les deux frères ZIMMERMANN se retirent de l'entreprise qu'ils ont fondée.

Leur neveu Edouard GAST fait alors son entrée dans l'établissement. Il s'associe à Jean-Baptiste SPETZ dans la direction des affaires. En 1841 ils montent un nouveau tissage à deux étages. L'éclairage au gaz de houille est installé par CHAUCHARD. La même année Edouard GAST invente un régulateur à pendule destiné aux machines à vapeur.

GAST se retire en 1850. SPETZ reste seul à la barre.

 


 

Le développement industriel de 1850 à 1900

 

Les établissements J.B. SPETZ et Cie

 

A partir de 1850, Jean Baptiste SPETZ développe et modernise considérablement l'établissement industriel fondé par ses oncles, les frères ZIMMERMANN. En 1858, il remplace les métiers à tisser à bras par des self-actings. En 1860, une machine à vapeur d'une puissance de 120 chevaux est installée dans l'usine qui occupe 300 personnes. En 1862, la vieille filature est rénovée et de nouveaux bureaux sont aménagés. Il est également procédé à la canalisation du bras de la Lauch qui alimente l'usine. En 1853, est achevée la construction d'un tissage mécanique, qui sera malheureusement partiellement ravagé par un incendie en 1866.

Mais J.B. SPETZ n'est pas seulement un chef d'entreprise. Il met également son dynamisme au service de nombreuses oeuvres philanthropiques. Il est l'un des premiers, en Alsace, à faire bénéficier ses ouvriers d'une caisse de secours et de prévoyance. A l'instar de ses collègues mulhousiens et gueb-willerois, il fait construire dès 1867, une cité ouvrière de 18 maisons. Son usine est équipée d'un "Speisesaal", un réfectoire où les employés des villages riverains se font porter la nourriture par leurs proches.

En 1865, ce Sundgauvien, originaire de Soppe-le-Bas, devient maire d'Issenheim. En 1874, il démissionne de ce poste, pour se retirer dans sa villa érigée sur les bords de la Lauch. Il meurt le 13 niai 1878. Selon son désir, sa famille fonde, en son nom, la salle d'asile d'Issenheim. Son fils Georges, un artiste réputé, et son gendre Eugène CARPENTIER lui succèdent à la tête de l'entreprise " J.B. SPETZ et Cie". En 1881, un incendie ravage la grande filature à 5 étages. Les nouveaux dirigeants s'empressent d'en reconstruire une nouvelle pour cotons peignés et cardés. En l'espace d'un siècle, l'ancien foulon Schoffé se sera métamorphosé en un vaste complexe industriel moderne employant plusieurs centaines de personnes. 

La filature Edouard Gast

 

En 1851, Edouard GAST monte à Issenheim la première filature à rez-de-chaussée d'Alsace. Elle est constituée de voûtes recouvertes de terre, pour filer les numéros très fins. Avec la création de ce second établissement industriel, le village se tourne franchement vers le modernisme. Th. de MORVILLE, de passage en 1858, écrit notamment : "La physionomie d'Issenheim est franchement moderne, grâce à deux importantes fabriques où de nombreux ouvriers trouvent à placer leur travail et qui font consommer sur les lieux les produits des riches cultures du village.

Cependant, il faut reconnaître que le dernier en date de ces établissements (il s'agit de la filature GAST) ne révèle pas du premier coup sa destination industrielle. Il ressemble plutôt à une forteresse bâtie par l'un des compagnons de Guillaume le Conquérant qu'à une simple filature. On vante, du reste à bon droit, la salle principale comme l'une des plus belles qui puissent se voir".

En 1860, l'usine emploie 150 personnes. En 1875 et 1882, Edouard GAST fait raser quelques anciennes maisons qui bordaient le virage du "Brachta-Eck". Il en profite pour agrandir le parc privé qui jouxte la filature. Celui-ci abrite d'ailleurs des arbres d'essences rares telles que pins, séquoias, cèdres du Liban.

En 1887, après la mort d'Edouard GAST, son fils également prénommé Edouard, lui succède à la tête de la manufacture.

 

Du "moulin des juifs" à la fabrique Hartmann

 

En 1847, l'israélite David WEILL acquiert un terrain situé à la limite occidentale du ban d'Issenheim. En 1848, il y fait construire une maison et un moulin communément dénommé : d'Judamehl. Les frères WEILL y aménagent un tissage, démoli en 1854.

Le 2 juin 1853, Jacques HARTMANN âgé de 24 ans, meunier à Issenheim, épouse Elisabeth KENTZINGER originaire de Saint-Hyppolite. Jacques HARTMANN est né à Mulhouse où son père exerce la profession de boulanger.

En février 1854, le jeune couple déclare à la mairie d'Issenheim la naissance de son premier enfant, qui décèdera la même année à l'âge de huit mois. Jacques HARTMANN et son épouse quittent les bords de la Lauch pour se rendre à Heimsbrunn où, le 21 août 1856, au lieu dit Niederdorf, naît leur fils Eugène. Dans l'acte de naissance, Jacques HARTMANN est mentionné comme propriétaire.

En 1861, le couple retourne à Issenheim et se porte acquéreur de l'ancien moulin des Juifs.Il y fonde une fabrique d'ouate, opérationnelle en 1862. En 1867, la petite usine est la proie des flammes.

L'année suivante, il construit au lieu-dit Gaemsen Erlen un petit tissage composé de quelques métiers mécaniques. En 1880, suite à des pluies diluviennes, les eaux d'une Lauch transformée en un torrent dévastateur arrachent la roue du moulin et endommagent les ateliers. Après cette catastrophe, le lit de la rivière est rectifié et ses rives sont endiguées. Jacques HARTMANN reconstruit son usine et s'oriente vers le tissage et la laine.

Dans un nouveau bâtiment, il installe 32 métiers à tisser mécaniques, actionnés par une turbine hydraulique épaulée par une machine à vapeur.

En 1890, l'usine est confiée à la direction bicéphale de ses fils, Eugène et Ernest. L'entreprise est g arandie par l'adjonction d'une nouvelle salle de tissage d'une capacité d'une centaine de métiers.

De nouveaux articles, plus difficiles à tisser, comme des cachemires de laine, des châles à franges, des bayadères à bandes de soie naturelle demandent une préparation plus perfectionnée. Les frères HARTMANN dotent leur unité de fabrication d'un réfectoire.

 

Du Moulin des Antonins à la filature Bloch

 

En décembre 1859, l'ancien moulin des Antonins passe entre les mains de David MEYER BLOCH de Soultz. Ce dernier agrandit le moulin, le convertit en une filature et aimerait y installer une teinturerie.

En 1862, il développe sa filature et y installe une machine à vapeur. Cette petite usine emploie alors une vingtaine de personnes.

En 1878, elle cesse toute activité.

Les bâtiments sont rachetés par le serrurier Donat SCHMITT. Les derniers vestiges de ce moulin ont disparu en 1983. A son emplacement, M. René MARTIN a installé un supermarché.

 

Le revers de la médaille

 

Entre 1850 et 1900, l'industrialisation d'Issenheim atteint son apogée.

L'ancien bourg, à vocation principalement agricole et viticole, subit une transformation irréversible. Les moeurs villageoises se dégradent.

Un rapport de police de 1868 mentionne que "la débauche est arrivée à l'excès chez les ouvriers et commence à gagner la classe moyenne". Les cambriolages et les attentats à la pudeur se multiplient. La classe ouvrière engouffre une bonne part de ses revenus dans les auberges.

En 1852, Issenheim compte 18 débits de boissons, auberges, cabarets, cafés et estaminets confondus. Comme la police locale est insuffisante, ceux-ci sont très souvent en contravention avec les heures de fermeture.

La population s'étant considérablement accrue, le commerce et l'artisanat sont florissants. Si les boucheries sont bien tenues, les boulangeries par contre laissent beaucoup à désirer. Tel boulanger se sert de faux poids, tel autre ne dispose d'aucune balance et un troisième vend ses miches 200 grammes en dessous du poids indiqué.

 

L'activité municipale et les débuts de la vie associative

 

Parallèlement au développement industriel, la municipalité d'Issenheim déploie une intense activité, dont l'idée dominante est l'amélioration du cadre de vie de ses administrés. Les deux rues principales sont pavées et se trouvent en fort bon état. Un important effort budgétaire est également fait en faveur des ruelles secondaires.L'éclairage au pétrole est d'ailleurs très satisfaisant.

Malheureusement les chemins ruraux pâtissent de la situation et sont de ce fait très souvent impraticables. Issenheim dispose d'un excellent matériel pour combattre les fréquents incendies qui se déclarent. La commune compte une pompe contre trois aux industriels.

Sous l'impulsion des fabricants locaux se développe une intense activité assoiative. Les musiciens, les hommes du feu, les choristes, les gymnastes se groupent au sein d'organisations.

En 1892 est fondée la caisse d'épargne.

Depuis 1859, l'hôpital fondé par les frères ZIMMERMANN soigne les indigents de la commune.

L'église paroissiale construite en 1826 s'avère déjà trop petite. Elle est agrandie en 1860. La construction individuelle bat son plein. Des faubourgs comme ceux de la Pfleck ou de la future rue des Jardiniers se créent.

La cité moderne commence à se dessiner.

 


L'industrie textile depuis 1900

Incertitudes et anxiétés

 

Au début de ce siècle on assiste à une restructuration du capitalisme. Les entreprises familiales subissent une profonde mutation.

Dès 1899, la Filature GAST change de raison sociale. Elle devient une Société à responsabilité limitée.

La première guerre mondiale affaiblit considérablement l'industrie textile. aprés la mobilisation générale, qui débute le ler Août 1914, les entreprises textiles locales s'associent à la commune pour l'achat de denrées alimentaires première nécessité.

A cet effet, chacune des fîmes HARTMANN, GAST et SPETZ met une somme de 1000 Marks, sans intérêt, à la disposition de la commune. En 1914, à taxe professionnelle des usines GAST et SPETZ représente la coquette somme
de 9073 Marks.

A partir du 1er octobre 1915 et jusqu'à la fin de la guerre, ces usines arrêtent production. Pendant cet espace de temps, leurs dirigeants viennent à plusieurs reprises en aide aux ouvriers sans travail.

L'armistice du 11 novembre 1918 trouve l'industrie locale arrêtée. Les stocks de matières premières sont épuisés ; beaucoup d'usines sont privées de leurs courroies, dynamos, paliers et coussinets de cuivre. Il faut du temps pour réparer.

 La reprise est laborieuse. Un exemple : à Issenheim, le tissage HARTMANN qui, avant-guerre, occupait 250 ouvriers, n'en emploie que 40 à la date du 1er  juin 1919. Parallèlement, le nombre de métiers à tisser en marche tombé de 350 à 25.
Dans les années d'après-guerre, les établissements SPETZ-CARPENTIER sent toute activité. Une partie des bâtiments est louée aux établissements SALVIS puis à la firme ETELEC, spécialisée dans la fabrication de matériel
 electro-ménager tel que fours, réchauds, chauffe-eau... En janvier 1930, cette déménage à Guebwiller.

En 1920, la fusion de la filature Nicolas SCHLUMBERGER de Guebwiller Je la filature GAST permet la création de " l'Union Textile". Dans la foulée. le Tissage HARTMANN est vendu à la nouvelle société.

Ce tissage venait en décembre 1919 d'être entièrement noyé par les flots de la Lauch. A présent, il est totalement reconverti. Les métiers sont rempla des machines de retordage et de câblage.

Malgré toutes ces restructurations, le chômage se développe. La grève générale du mois d'avril 1920 devient également une lutte pour le maintien des avantages obtenus avant 1914, nettement supérieurs à ceux de la législation française, notamment pour la Sécurité Sociale.

La fraction socialiste du Conseil Municipal d'Issenheim, sous la conduite de l'adjoint Joseph KOCH, obtient qu'une somme de 3000 F, destinée à venir en aide aux grévistes, soit affectée à l'attribution de bons d'achats de pain.

En 1922 et 1930, l'Alsace connaît une réelle prospérité économique. On assiste au développement de la production de textile. Mais à partir de 1931, la crise économique mondiale frappe particulièrement les industries textiles. C'est la fermeture, le chômage...

Après la seconde guerre mondiale l'ancien tissage HARTMANN, intégré à l'Union Textile, connaît une période difficile. Il est même question d'une éventuelle fermeture. Mais la vogue de la popeline d'Alsace redonne du souffle à l'entreprise. L'unité de production vit une succession d'années fastes suivies de temps plus difficiles. En 1969, l'Union Textile cède le tissage d'Issenheim à la S.A.I.C. - Mulhouse. De judicieux investissements améliorent rapidement la situation.

Dès lors, la garantie du plein emploi est assurée aux ouvriers du tissage. Entre 1969 et 1988, aucune heure de chômage n'est à enregistrer. L'effectif maximum avoisine les 270 employés.

En 1981, le renouvellement du parc des machines à tisser, entamé en 1975, est terminé. 196 métiers à lances remplacent désormais les anciens métiers à navettes.

Mais en août 1988, la S.A.I.C. ferme son unité de tissage d'Issenheim. Dans le soucis d'augmenter la rentabilité du groupe, qui vient d'ailleurs de passer sous le contrôle de D.M.C., il est procédé au recentrage des deux tissages sur le site de Logelbach. Pour la commune d'Issenheim ce transfert se traduit par une perte sèche de 110 emplois et une diminution notoire de la recette provenant de la taxe professionnelle.

Depuis 1988, Issenheim ne comple plus qu'une usine textile. Il s'agit de la filature du groupe "Société Alsacienne de Filatures" qui occupe les locaux de l'ancienne filature GAST.

En 1969, lors de la restructuration de l'Union Textile, cette filature est intégrée aux Filatures du Florival. En 1983, les Filatures du Florival agrandissent leur usine d'Issenheim. Cette extension rassure le personnel en place. Mais en juin 1986, le Conseil Municipal enregistre avec appréhension la situation difficile dans laquelle se trouve l'entreprise.

Un plan de redressement est alors mis en place. Le Conseil Municipal vote l'exonération pour deux ans de la part communale de la taxe professionnelle et des taxes foncières. En 1987, l'usine passe sous le contrôle de la "Société Alsacienne des Filés du Florival" avant de prendre en 1990, le nom de "Société Alsacienne de Filatures".