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L'Institution Champagnat

Ouverture de l'école

En Octobre 1945, l'évêché de Strasbourg informe le Frère PROVINCIAL des Frères Maristes à Saint-Gerais Laval (Rhône) que Mgr WEBER maintient la décision prise par son prédecesseur Mgr RUCH, et autorise la Congrégation à ouvrir le Collège d'Enseignement Secondaire prévu à Issenheim.
Le 14 Juin 1946, l'Association Catholique d'Education d'Issenheim, réunie en Assemblée Générale, mandate le frère Bernard MARY à régir, gérer et administrer les biens de l'Association. Originaire de Dessenheim, Bernard MARY (1920-1952), frère LOUIS-SEBASTIEN en religion, est donc le premier directeur de l'Institution Champagnat d'Issenheim.
Le 2 Octobre de la même année, il adresse au Recteur d'Académie, une demande d'autorisation d'ouverture d'un établissement d'enseignement secondaire privé. Celle-ci n'est accordée que le 30 Mai 1947. Mais frère MARY n'a cure de la lenteur administrative. Dès Novembre 1946, en effet, l'école est ouverte. Elle se compose d'une seule classe, une 7e, dont s'occupe personnellement le jeune Directeur.

Restitution des biens spoliés

Une ordonnance du tribunal civil de Colmar, datée du 14 Avril 1947, conclut à la restitution, à l'Association d'Education, des biens spoliés par la NSDAP à partir de Juillet 1942. Elle désigne l'expert chargé de l'évaluation des dommages causés pendant l'occupation allemande.
Déjà un avant-projet de reconstruction, avec modification des bâtiments sinistrés, est établi. La transformation de la toiture-terrasse de l'ancienne villa GAST, en couverture en pente, nécessite l'achat de près de 20 000 tuiles plates de type traditionnel.
Durant l'année scolaire 47-48, perturbée par les réparations et les nouveaux aménagements, fonctionnent deux classes (7e et 6e).

Période de croissance

Pour la rentrée de 1948, le Directeur sollicite l'autorisation d'ouvrir un internat, autorisation accordée le 27 Octobre de la même année. A la date du 15.11.1948, l'établissement compte 81 champagnatélèves dont 42 internes. En 1950, les effectifs ont déjà doublé !
En 1951, un échange de terrain avec l'Union Textile voisine, permet l'aménagement d'un vaste stade, comprenant diverses installations sportives. Alors que se préparent les festivités liées à son inauguration, la jeune institution d'Issenheim va perdre son père-fondateur. Le 3 Juin 1952, frère LOUIS-SEBASTIEN est victime d'un brutal accident de la circulation, au volant de sa moto, non loin du carrefour du Nouveau Monde. Sa disparition donne lieu à une immense manifestation de sympathie attristée.

Les années soixante


La décade suivante se caractérise par une période transitoire de sage stabilité. Elle permet d'affirmer et de consolider le caractère propre de l'établissement. Une quinzaine d'éducateurs s'occupent à présent de la bonne marche de l'école. A signaler, en 1956, la démolition de l'ancienne conciergerie de la propriété. En partie détruite par la guerre, elle se délabrait de plus en plus et menaçait ruine. Avec les briques récupérées, on a construit le rucher.
En 1962, faute de place, l'institution est obligée de refuser l'inscription de nombreux jeunes. Il se pose alors, pour la première fois, le problème de l'agrandissement des locaux.
En 1963, on décide la construction d'un nouvel immeuble. Un bâtiment sans style absorbe le coquet manoir à colombage situé au nord de la propriété. Sa réalisation permet d'augmenter la capacité de l'internat et d'accueillir les demi-pensionnaires dans le grand réfectoire.
En Février 1964, le bâtiment principal est la proie des flammes. Le feu prenant dans les combles aménagés sous le toit, provoque d'importants dégâts qui entraînent la fermeture temporaire de l'école.

Réorganisation de l'œuvre

Au début des années 70, les demandes croissantes d'inscriptions et l'évolution des problèmes scolaires, liés aux grandes mutations d'alors placent les Frères Maristes devant une situation nouvelle.

Dans un premier temps, ils songent très sérieusement à la fermeture de l'établissement. Sous la pression des anciens élèves et des parents, et les encouragements des autorités religieuses, les Frères décident une réorganisation complète de l'œuvre.
En 1971, la gestion de l'Institution Champagnat est confiée à une Association d'Education Populaire, créée à cet effet et composée d'anciens, de parents et d'amis de l'école. Les Frères Maristes gardent la responsabilité pédagogique de l'établissement. La mixité est introduite dans l'école.
Un contrat d'association avec l'enseignement public est signé. Le 13 mai signé
est inauguré un nouveau groupe scolaire à architecture résolument moderne. Les nouveaux locaux comprennent une vingtaine de salles de travail. Ils permettent d'accueillir dans les meilleures conditions une nombreuse population scolaire. En l'espace de cinq ans, l'effectif passe de 226 à 641 élèves.

L'expansion

Dans la foulée, de spectaculaires réalisations sont menées à bien. L'extension des nouveaux locaux, l'aménagement d'un self-service pour faciliter l'organisation des repas, en 1979, l'installation d'ateliers destinés à l'éducation manuelle et technique, l'agrandissement des cuisines en 1979, jusqu'au projet de construction d'un gymnase en 1981.

L'internat est fermé en 1983. Les dortoirs sont transformés en salles de classes pour le primaire. La construction de la salle de sport est achevée en 1985. Un centre de documentation et d'information, ainsi qu'une salle audio-visuelle sont créées.
Parallèlement à ces réalisations, les techniques nouvelles (électronique, informatique, communication par l'image...) sont introduites dans la pédagogie quotidienne.
A la rentrée 1991, l'école ouvre un cours préparatoire bilingue. Deux institutrices y enseignent, à parité horaire, en langues française et allemande. Cette classe, la première de ce genre, a vu le jour sous l'impulsion du Frère François HANSER, soutenu par trente parents d'élèves motivés.
En ce début d'année 1992, l'établissement compte 1060 élèves. Ils sont encadrés par une soixantaine d'enseignants. Le personnel administratif et de service se compose d'une vingtaine de salariés.
Huit Frères Maristes sont à demeure dans la belle propriété.