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Mairie d'Issenheim
2 rue de rouffach
Tél 03 89 62 24 30
Fax 03 89 62 24 31

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Index de l'article
La Lauch
Le culte de saint Jean Népomucène
Les moulins d'Issenheim
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La Lauch : Rivière aux sautes d'humeur

De sa source, sur le flanc sud du Lauchenkopf jusqu'au nord de Colmar, la Lauch s'étire sur 41 km. D'apparence plutôt paisible comme semble le confirmer son débit annuel moyen de 1,63 m3/s à Buhl , elle peut aussi se déchaîner et déverser sur la vallée son flot de mauvaise humeur.

L'instabilité de son comportement n'est pas le moindre de ses traits de caractère. La mémoire collective et les archives gardent le souvenir de ses débordements.

Le chroniqueur dominicain DIETLER compare la crue catastrophique de 1304 à un dragon qui profita des hautes eaux pour s'échapper du lac du Ballon et se ruer avec elles vers la vallée. Cette année-là, le Florival fut entièrement ravagé. Après avoir emporté une partie des fortifications de Guebwiller, le fameux monstre fut péniblement maîtrisé, puis abattu à la sortie d'Issenheim.

Berges de la Lauch Le lit de la Lauch n'a pas de tracé bien défini. Au gré des inondations, elle écoule ses eaux dans une multitude de bras. Dans une description de la Seigneurie d'Issenheim datant de 1672, on dit : «...la petite rivière de Lauch y prend plaisir de se répandre par mille canaux différents, qu'elle ramasse enfin tous au-dessus de Merxheim...»

Au début du XVIlle siècle, dans une requête adressée à l'Intendant d'Alsace, le bourgmestre et les habitants de la communauté d'Issenheim réclament la construction d'un pont «...solide de pierres de taille...». Ils exposent que jusqu'alors ils étaient régulièrement obligés de réparer l'ancien pont «...emmené et détruit par les inondations qui sont survenues quelques fois jusqu'à deux ou trois fois l'an...»

Les tragiques inondations du 15 février 1990, nous ont permis de constater que la mémoire collective conservait encore partiellement le souvenir de la rupture de la digue du lac du Ballon en 1740.

Pour acheminer les matériaux nécessaires à la construction de la forteresse de Neuf-Brisach, VAUBAN fit construire en 1699 un canal reliant la Lauch au Quatelbach. Pour son alimention en eau, il fit élever une digue en terre battue sur l'ancienne moraine du dont il relevait ainsi le niveau d'une douzaine de mètres.

La veille de la Saint-Thomas en 1740, le 20 décembre vers 21 h, à la suite Je pluies torrentielles, la digue artificielle céda et le lac déversa son trop-plein sur la vallée. Le courant emporta tout ce qui se trouvait sur son passage. A Issenheim, les flots détruisirent 14 maisons dont le moulin à chanvre du couent des Antonins qui se trouvait sur le Muhlbach, un canal de dérivation de la Lauch. Une grange remplie de foin, fut traînée par les eaux.
D'après le sieur GISDÔRFER, juré assermenté de la prévôté d'Issenheim, plupart des maisons inondées, certaines jusqu'à 8 pieds de hauteur. Dans les "Stube "et autres pièces d'habitation, on mesurait jusqu'à 3 pieds de boue. Les céréales, le vin, les réserves de foin, engloutis sous les flots, étaient anéantie. Plusieurs personnes sont mortes noyées. "Es war dazumal grosserjammer"(c'était alors une grande détresse !) conclut le chroniqueur local.

Les archives paroissiales confirment ces propos. A la date du 20 décembre, on y lit que : «... certaines personnes, surprises en traversant la rue vers le domicile de Thiébaut SCHERMESSER, ont été étouffées par les eaux de cette maudite inondation, parmi lesquelles un dénommé Ulrich, son épouse Barbara et ]oui- fils âgé d'environ 7 ans, originaires de Niederwill, prés de Brengarten. Le 22, ils ont été enterrés dans le cimetière de l'ordre de Saint-Antoine...» Il se pourrait aussi que les décès enregistrés le 26, 27 et 28 décembre soient consécutifs à cette terrible catastrophe.

De même, pourrait s'expliquer l'inhumation des victimes au cimetière du couvent des Antonins, un endroit protégé par d'imposants murs d'enceinte, contrairement au cimetière de la paroisse situé à proximité immédiate de la Lauch et vraisemblablement dévasté par les flots. Autre précision: le domicile de Thiébaut SCHERMESSER se situe dans la Langgasse, aujourd'hui rue de Guebwiller. Il s'agit de la maison abritant le cabinet médical de MM. ENGEL et DRENDEL.

En 1752, en amont d'Issenheim, le lit de la Lauch est entièrement comblé d'alluvions. Les eaux prennent une nouvelle direction, vers la droite. Elles menacent de se joindre au canal des moulins et d'endommager ensuite le bout-En mars 1757, la digue construite en 1741, sur la rive droite le long du village, est emportée. Plus en aval, les eaux se jettent contre l'église et le château d'Ostein, situé sur la rive gauche de la rivière. Au printemps 1774, la Lauch quitte à nouveau son lit et se dirige vers le village. Grâce au secours des habitants, aucune maison n'est emportée.La_lauch

Le 25 octobre 1778, se produit une inondation que les chroniqueurs de l'époque, qui venaient pourtant d'en subir de sérieuses, qualifient d'extraordinaire. A Issenheim, le pont de l'église est emporté. Le courant détruit les rives et les fondations de la maison d'école jusqu'à 6 pieds de profondeur. En direction de Merxheim, le Schecklenbach est entièrement comblé d'alluvions de toutes sortes. Les cailloux, rochers, souches et troncs d'arbres empêchent le passage de l'eau. Celle-ci se rue sur les prés et les champs avoisinants. Le chemin de Merxheim à Guebwiller est ravagé.


Pour remédier définitivement à ces cataclysmes répétés, les Ponts et Chaussées proposent diverses mesures : « Il s'agit premièrement de rectifier le cours du torrent, puis de le diriger sur une pente uniforme et régulière, en supprimant les ressauts et tout obstacle majeur ». Les graviers provenant des excavations seront employés à la formation de digues. Sur certaines parties, les rives seront équipées d'épis. Il est aussi prévu d'enrocher les berges. Les travaux sont entrepris par tranche, en commençant par l'aval. 21 communautés villageoises se voient confier une tâche bien précise. Elles ont la possibilité de l'effectuer par corvée ou de la confier en sous-traitance à un entrepreneur. Une large majorité choisira cette dernière solution.

Le chantier traîne en longueur. En juin 1787, soit près de neuf ans après la catastrophe, on constate l'imperfection des ouvrages réalisés. Ils ne résisteront pas longtemps aux futures inondations que connaîtra la vallée.

Les industriels sont invités à adapter les branchements de leurs usines au niveau du nouveau lit. Les entrepreneurs du flottage du bois sont tenus de soutenir leurs râteaux. Les fabricants sont obligés de modifier leurs réservoirs d'eau. Les meuniers se voient confier la tâche d'enrocher le chapeau de l'écluse qui régularise le débit du bief des moulins. Nous assistons à l'ébauche de sa canalisation actuelle.

Toutes ces réalisations, par la suite souvent mal entretenues, ne pourront empêcher de futures catastrophes. En 1880, suite à des pluies diluviennes, un torrent dévastateur arrache la roue du moulin HARTMANN et endommage les ateliers du tissage.

En 1894, l'achèvement des travaux au lac artificiel de la Lauch, permet la régularisation du débit de la rivière. Mais un demi-siècle plus tard,dans la nuit du 23 au 24 décembre 1919, à 4 h du matin se produit une nouvelle catastrophe. A la limite des bans d'Issenheim et de Guebwiller, l'usine HARTMANN est noyée et le pont sur la Lauch arraché.

Plus près de nous, les anciens se souviennent de l'innondation du 27 décembre 1947. Les photographies réalisées par M. Charles GRASSER, des cliché au sens artistique très réaliste, ont immortalisé l'événement.

Depuis la crue centennale du 15 février 1990, ils servent d'éléments de comparaison.

En effet, d'après les derniers renseignements fournis par le Service régional de l'aménagement des eaux d'Alsace, sur la base des données recueillies aux principales stations hydrométriques, il s'agit bien là de la crue du siècle.




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