Le village en images

  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images
  • La commune d'Issenheim en images

Infos utiles

Mairie d'Issenheim
2 rue de rouffach
Tél 03 89 62 24 30
Fax 03 89 62 24 31

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. ImprimerEnvoyer

Index de l'article
La Lauch
Le culte de saint Jean Népomucène
Les moulins d'Issenheim
Toutes les pages

Les moulins d'Issenheim

D'ouest en est, la Lauch traverse notre ban communal. Depuis des temps immémoriaux, l'homme a su convertir l'énergie hydraulique en énergie mécanique. Sur un ancien bras de la rivière, plus tard canalisé, se sont établis deux moulins. Celui du haut, die Oberemühle, est le moulin seigneurial. Plus en aval, die Niederemühle, est la propriété des Antonins. La raison première en était la transformation par leurs propriétaires de la production de leurs domaines.

Le moulin des Antonins

Au 13e siècle, ce moulin est possédé par l'abbaye de Murbach. Avec la vente de leur Dinghof d'Issenheim, il devient la propriété des Antonins. Un Dinghof est un grand domaine. On le traduit généralement en français par "cour colongère". Hof signifie la "ferme" et ding "l'assemblée judiciaire". Cette dénomination Dinghof venait du fait que tout grand domaine avait son tribunal. Moulin des AntoninsLes juges en étaient les paysans qui tenaient des biens faisant partie du domaine et le président était le maire, d'r Meyer, que le propriétaire avait placé à la tête du domaine.
Le règlement du Dinghof d'Issenheim consacre un chapitre à ce moulin. En voici un extrait qui illustre les moeurs de l'époque :
"A la Saint-Léger, le moulin est tenu de payer deux pains assez longs pour que le domestique puisse se rassasier de ce qui dépasse la hauteur de son genou".
Dans la première moitié du 14e 'siècle, éclate un conflit opposant les nouveaux propriétaires du moulin à l'ordre des Templiers de Soultz. Ces derniers possèdent des prés sur le ban d'Issenheim. Chaque année, au printemps et en été, ces prés sont irrigués. Pour ce faire, ils utilisent l'eau du bief du moulin, ce qui a pour conséquence de stopper l'activité du moulin des Antonins. Après un long échange de lettres de protestations, l'affaire finira par se régler par la vente des prés.
Le moulin est donné en bail. En 1539, Michel ENGELHARDT, meunier des Antonins, remet 14 sacs de blé au receveur de l'ordre comme loyer annuel. Ce droit de location comprent naturellement la jouissance d'un logement, d'une grange, d'une écurie, d'une cour et d'un jardin. Si le propriétaire se chargeait des grosses réparations et payait notamment les pièces de rechange, le meunier était tenu de moudre gratuitement les céréales du couvent.
En janvier 1622, les cavaliers d'Obentraut mettent le feu au moulin des Antonins. Les bâtiments sont à moitié dévastés par les flammes. Les dégâts sont évalués à 200 Florins.

Au début du 18e siècle, le moulin proprement dit consiste en une maison avec deux meules pour la farine et un pressoir potin Ce bâtiment se
trouve sur la rive gauche du petit canal. Sur la rive opposée est située l'usine
à chanvre qui en dépend. L'ensemble rend annuellement 50 sacs de farine de mélange au couvent.
A cette époque, différents meuniers sont issus de la famille DUBICH, qui tient également le moulin de Merxheim. En 1729, le moulin est laissé à titre de bail, pour l'espace de 9 ans, à Thiébaut DUBICH, moyennant 46 sacs de mélange de farine, 10 sacs de froment, 18 pots d'huile, 12 paires de poulets
et un porc gras de deux ans.
La terrible inondation de décembre 1740 détruit totalement le moulin à chanvre. Les Antonins hésitent entre la réparation et la vente de cet élément.
En 1793, le battoir à chanvre avec le moulin et l'huilerie fait toujours partie du complexe immobilier, qui est destiné à être vendu comme bien national. Ces biens sont évalués, et en 1796, André SCHURER fait une soumission en vue d'acquérir l'ancien moulin des Antonins.
En 1813, Gangolf FUCHS est le nouveau propriétaire du moulin. Pendant trois décennies il y occupe la fonction de meunier. En octobre 1843, il loue l'Unteremühle, pour 9 ans, à Valentin WALLER, meunier de Thann.
Gangolf FUCHS, comme son prénom le laisse supposer, et son épouse (née Anne Marie GALLIATH) sont très certainement originaires de Lautenbach. A la même époque, les deux familles y possèdent le moulin du Chapitre et une importante huilerie.
Peu de temps après, le moulin du bas devient la propriété des frères FRIES puis du meunier du haut : Maurice ACKERMANN. Ce dernier agrandit la petite entreprise meunière. Il est le descendant d'une lignée de meuniers originaires de Soultz, où ils possédaient la Zipfelmühle. Maurice ACKERMANN vend son exploitation à Bloch David MEYER de Soultz qui convertit l'ancien moulin des Antonins en une filature.

Le moulin seigneurial

A peine 200 mètres plus en amont se trouvait l'Oberemühle : le moulin seigneurial. Comme son pendant du bas, il sera la cible des troupes de mercenaires, qui pendant la guerre de 30 ans, ruinent la seigneurie d'Issenheim.
guerr
1637, Nicolas KRAFT, greffier du bailliage d'Issenheim, décrit le misérable état des bâtiments seigneuriaux. Avec les rares habitants restés sur place, il organise le nettoyage des décombres. Au moulin seigneurial, en particulier, il fait arracher les poutres de charpente et autres matériaux en bois, calcinés par les foyers allumés par les hordes incendiaires de passage.
En 1698, ce moulin se compose de deux roues. Proche du bâtiment principal se trouve une masure, vestige d'une ancienne huilerie. Les étables et les écuries rattachées au moulin sont particulièrement délabrées. Cet ensemble immobilier, situé "en la contrée dite Kattenbach" est destiné à la location.
Plusieurs candidats se sont déjà présentés. Un dénommé Urs GASSER, natif du canton de Soleure en Suisse, fait les meilleures propositions. Le bail emphytéotique, qui oblige le locataire à des réparations ainsi qu'à l'entretien des deux jardins, est conclu sur la base d'une rente annuelle de 200 Livres, à laquelle s'ajoute le chapon gras (volaille châtrée que l'on engraisse) et l'engrais d'un porc. En 1788, la veuve du meunier Jacques KELLER est locatrice du moulin. En 1837, les Domaines estiment à 15500 F la valeur du moulin et de ses dépendances. L'ancien moulin seigneurial est mis en vente. Son nouveau propriétaire est Maurice ACKERMANN, gendre de Jean Jacques KELLER. Conformément à la loi, il acquitte le quart de la valeur de l'estimation.
En 1883, l'hôpital d'Issenheim acquiert, pour la somme de 14 500 Marks, l'ancien moulin seigneurial qui était jusque là propriété du meunier Louis ACKERMANN.
En juin 1888, ce moulin est affermé au serrurier Joseph SCHMITT.
Le moulin du haut se compose de 3 tournants et d'une ribe (Ôhltrotte). L'emplacement de la chute d'eau ne permet que le fonctionnement d'une seule roue pendant une partie de l'année.
Depuis toujours, les variations de débit du Muhlbach sont liés aux problèmes d'irrigation. Dès 1686, une transaction entre les communautés riveraines de la Lauch fixe les droits de chacune. Il est notament stipulé que les clefs des écluses des canaux d'irrigation de Guebwiller resteront entre les mains du meunier seigneurial d'Issenheim.

Suite à la catastrophe de 1740, qui a complètement perturbé le cours de la rivière, un nouvel accord est conclu sur la base de concessions réciproques.
Cette nouvelle transaction établit une rotation continue pour l'irrigation.

D'amont en aval, les 10 communautés suivantes : Lautenbach, Buhl, Guebwiller, Issenheim, Merxheim, Gundolsheim, Rouffach, Pfaffenheim, Hattstatt et Herrlisheim ; disposent successivement de deux jours par semaine à condition qu'il y ait suffisamment d'eau dans la rivière. Dans ses grandes lignes, ce règlement sera appliqué jusqu'en 1893.
Malgré un chômage partiel, principalement en été, l'activité de nos deux
moulins va bon train. En 1826, ils emploient 4 ouvriers et produisent annuellement 260 tonnes de farine.
En 1932, l'ancien moulin seigneurial cède la place aux bains municipaux.
Ces mêmes bains sont démolis en 1989. Le Muhlbach, ancien canal des moulins disparaît à la fin des années 1960. Son lit, aujourd'hui comblé, abrite désormais un collecteur d'eaux usées.
Au lieu-dit Obergrün, canton Klostermatt, la scierie Koch est de nos jours le seul rescapé des établissements industriels ayant utilisé l'énergie hydraulique du Muhlbach. C'est en 1,869, que son fondateur Conrad MORLOCK y avait établi sa "Sâgemühle".




Partager sur Facebook    Twitter  Google bookmarks  slashdot  del.icio.us  technorati  digg  Furl  YahooMyWeb  Reddit  Blinklist  Fark  Simpy  Spurl  NewsVine