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Infos utiles

Mairie d'Issenheim
2 rue de rouffach
Tél 03 89 62 24 30
Fax 03 89 62 24 31

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Index de l'article
La motte féodale d'Ostein
Le site d'Ostein
La chapelle d'Ostein
Le village d'Ostein
La famille d'Ostein
Ostein vers 1672
Kilbe d'Ostein en 1715
Procès-verbal de la visite du château d'Ostein
La lente agonie du hameau
La triste fin de l'église Saint Barthélemy
S'Geischterbargala
Toutes les pages

La motte féodale d'Ostein

Au nord-est du ban communal d'Issenheim s'élève une motte, récemment encore plantée de vignes, aujourd'hui envahie par les ronces, communément dénommée s'Geischterbargala. Actuellement elle mesure 30 mètres de diamètre et a la forme d'un ballon érodé. Elle est conservée sur 3,50 m de haut. Sa pente est interrompue par un palier qui marque sans doute l'emplacement d'une enceinte. Au sommet, une plate-forme de 7 m sur 7,50 m portait une tour.

La petite hauteur d'Ostein, "ein Berglein in dem Dorfe zu Ostein", est régulièrement citée par les documents d'archives. A la fin du 16e siècle, l'endroit est situé derrière le château, près de l'église. On l'appelait alors "das Kriegberglein", la colline de la guerre. Il pourrait s'agir d'un tumulus, en forme de calotte sphérique. Ce genre de tertre de terre abrite généralement les tombes des populations de l'Age du Bronze. La répartition de ces sites fait apparaître des lieux d'établissement privilégiés : au pied des Vosges et le long des cours d'eau.

Avec la construction de l'axe à 4 voies de la R. N. 83, qui l'isole désormais du village, l'endroit est aujourd'hui difficilement accessible aux promeneurs.
Jadis, il constituait avec les proches vergers d'Hinterem Ostein ou du Bachgarten un décor idéal aux paisibles sorties pédestres dominicales.

C'est ici, de part et d'autre de l'autoroute, que se trouvait autrefois le hameau, de nos jours disparu, d'Ostein.


Le site d'Ostein

Le site d'Ostein aurait été habité dès la période du Bronze final (vers 1000 avant J.C.). Plus tard les Celtes puis à l'époque mérovingienne les Francs viendront s'y fixer. Contrairement à Issenheim, l'influence romaine ne semble pas y avoir laissé de traces.

Certains font remonter les origines du village d'Ostein jusqu'au 6e siècle. Des tombes ou sarcophages mérovingiens semblent dater de cette époque.

La localité est mentionnée pour la première fois en 811, dans un acte par lequel Ratlinde cède des terres situées à Osthaim à l'abbaye de Murbach.

Dans un diplôme délivré en 1049 par l'empereur Henri III il est aussi fait mention du site.

Une famille noble prend le nom du village. Elle est citée une première fois en 1135.

Elle occupe le château du lieu, vraisemblablement construit entre le 11e le et le 13e siècle.

Les nobles d'Ostein sont des ministériels de Murbach.


La chapelle d'Ostein

A proximité du château d'Ostein se trouvait une église. La construction de cette chapelle aurait été ordonnée et financée par un certain FRIESELBERT en l'an 1025. L'évêque Udalrich de Bâle l'inaugura en l'honneur de l'apôtre Barthélémy, de saint Désiré et de saint Regenfried. La paroisse d'Ostein, qui avait été incorporée à l'abbaye de Murbach vers 1284 faisait partie du chapitre rural Citra Colles Ottonis de l'évêché de Bâle. La dîme était perçue par le chapitre de la cathédrale de Bâle.
En 1387, le sieur Pierre de Zillisheim, vicaire d'Ostein, établit son testament en faveur de l'évêque de Bâle.
En 1454, Johannes von BISSINGEN est vicaire à Ostein.


Le village d'Ostein

Autour du château et de la chapelle s'élevaient quelques chaumières. En 1357, Hanemann de HUS d'ISSENHEIM achète du noble Hermann NIBELUNG un cens d'une livre bâloise et 3 chappons, affectée sur une maison et un jardin situés à Ostein, contre les fossés du château.
Le 15e siècle apporte à Ostein un lot de cruelles épreuves dont certaines sont celles de toute l'Alsace. La peste noire, les passages de mercenaires sans emploi qui ravagent le pays, les routiers en 1360 et 1365, les Armagnacs en 1444, sévissent à Ostein.
Ces désordres successifs auxquels s'ajoutera la guerre de 30 ans, nuiront au développement du village. Au fil des siècles, réduit à l'état de hameau, il sera réuni à Issenheim, avec lequel il formera une seule paroisse.
Une croix peinte en rouge s'Rotakrizla, située à l'intersection des chemins de Merxheim et de Gundolsheim rappelerait un des incidents malheureux qu'a connu Ostein. Plusieurs variantes légendaires attribuent à la famille SCHER- MESSER l'entretien de cette croix.


La famille d'Ostein

La famille d'OSTEIN est citée dès 1135, lors de la signature de l'acte de fondation du couvent des Augustins de Goldbach, placé sous la domination de Murbach. En 1303, les OSTEIN tiennent le village en fief des Habsbourg. En 1336, Volmar d'OSTEIN arbitre un litige portant sur des terres situées à Alschwiller. Entre 1428 et 1434, Peter d'OSTEIN est abbé de Murbach.

En 1628, Jean-Henri d'OSTEIN est élu prince-évêque de Bâle. Son règne fut des plus lamentables en cette période où la guerre et la peste firent d'épouvantables ravages.
En 1612, son frère Jean-Georges est nommé bailli pour la Maison d'Autriche à Ensisheim. Son petit-fils Jean-François d'OSTEIN deviendra conseiller de l'archevêque électeur et préfet d'Amorbach. Le fils de ce dernier Jean-Frédéric sera, en 1741, élu archevêque de Mayence.
La famille d'OSTEIN s'éteint en 1807.
En mai 1859, le chanoine CACHEUX, curé d'Issenheim, trouve dans une cour de la commune, où elle servait à couvrir un égoût, une pierre tombale. Elle mentionne les noms de Rodolphe d'OSTEIN et de ses trois épouses. Elle porte le millésime du 13 août 1594. Scellée dans un mur du portail droit du cimetière, elle est aujourd'hui considérablement détériorée par les intempéries.
Les armes de la famille d'OSTEIN étaient : "D'azur à un lévrier dressé d'or, colleté de gueules". Elles rappellent celles de l'abbaye de Murbach.


Ostein vers 1672

"...Comme le ban d'Ostein est uni avec celui d'Issenheim, on peut encore compter son église comme une 3e beauté. Il ne s'y fait pourtant aucun office paroissial, mais les 3 ou 4 feux qui demeurent autour viennent à la paroisse d'Issenheim d'où ils ne sont distant que d'une portée de fusil. Ce n'est pas que les pères de saint Antoine n'y aillent quelquefois célébrer la messe lorsque la dévotion des peuples les y convies et même le jour de la dédicace n'y fassent une fête solennelle... "
Ainsi, non seulement Ostein n'a pas disparu pendant "cette sombre époque de carnages et de pillages qui dura 30 ans", mais on peut affirmer que l'évaluation approximative du nombre de ses familles est minimisée. En effet, la liste des contribuables d'Issenheim établie en 1670 compte 8 chefs de famille d'OSTEIN.
En 1705, 10 familles habitent l'endroit. Le cadastre de 1719 mentionne 4 maisons, sans compter le château et la chapelle.


Kilbe d'Ostein en 1715

A l'origine, la kilbe est la fête patronnale de l'église. Le mot kilbe, issu du vocabulaire alémanique, a pour équivalent haut-allemand le terme Kircheweihe. La kilbe d'Ostein se déroule le dimanche le plus proche de la fête du saint patron à qui la paroisse est dédiée. La saint Barthélémy est fêtée le 24 août.

L'organisation matérielle de la kilbe est adjugée au plus haut et dernier enchérisseur. C'est la fête villageoise par excellence. Des proches environs, afflue une foule nombreuse. La forte consommation de vin, du vin d'Ostein ou d'Issenheim, est souvent à l'origine des bagarres dont les archives rendent compte.
Au début du 18e siècle, les comptes communaux d'Issenheim indiquent une consommation moyenne de 12 Ohm (environ 600 litres) de vin lors de la kilbe d'Ostein. Entre 1689 et 1722, cette fête est régulièrement tenue. Mais les autorités locales pouvaient parfois décider de son annulation. Des intempéries, aux conséquences fâcheuses pour les récoltes, suffisaient pour priver la communauté villageoise, essentiellement composée de paysans, de ses réjouissances traditionnelles.
Le dimanche 25 août 1715, entre 4 et 5 heures du soir, des jeunes gens d'Issenheim répondent, à l'aide de tricots (bâtons), aux coups de maçons et tailleurs de pierres de Guebwiller. Cet incident, banal entre bandes rivales du voisinage, se déroule en pleine fête d'Ostein. Les auditions de témoins, lors de l'enquête relative à cet incident, permettent de restituer l'ambiance qui y régnait. En voici un court résumé :
La jeunesse des environs s'amuse sur la place de danse. Les dames se promènent, en attendant de se régaler des bonnes choses que leur prépare un pâtissier de Soultz. Les hommes, essentiellement des bourgeois d'Issenheim, sont installés dans la maison du cabaretier d'Ostein. Ce dernier leur sert du vin, du pain et de la viande. D'autres sont à la proche campagne où ils s'exercent au tir à blanc sur une cible.
En 1719, deux cabarets fonctionnent pendant la kilbe d'Ostein. Là aussi des incidents éclatent. Un homme y sera mortellement blessé.
Le château d'Ostein après la guerre de 30 ans
En 1681 Jean ERNST est fermier du seigneur d'Ostein. Il loge au château. En octobre 1689, les barons de WANGEN cèdent à titre de bail au sieur Henri Joseph FABER, bailli de la seigneurie d'Issenheim, le château d'Ostein et ses dépendances; à savoir terres, champs, prés et vignes pour 6 ans. FABER se soumet d'entretenir et de réparer les toitures du château, mais aussi de cultiver, de labourer et de fumer les terres labourables et les vignes.
En janvier 1690, il rétrocède ce bail, aux mêmes conditions à Jean SCHLUEB, habitant à Ostein et à Adam STROBEL d'Issenheim.
Le 19 février 1699, Jean François d'OSTEIN vend, pour 15000 Livres tournois, ses fiefs, dont le château d'Ostein à l'abbaye de Murbach. En 1700, cette dernière revend ces biens aux Antonins d'Issenheim.


Procès-verbal de la visite du château d'Ostein

Le procès-verbal de la visite du château d'Ostein date du 13 mai 1699. C'est un document inédit et unique décrivant un édifice méconnu. Nous en proposons l'intégralité
"Philippe Jacques WECKERLEN, procureur fiscal de la seigneurie d'Issenheim et Nicolas REMY, greffier ayant été priés et requis de la part du sieur Frédéric HERRMANN bourgeois et juré d'Issenheim, en qualité de fermier du château d'Ostein et des biens en dépendant, de faire une visite du dit château d'Ostein pour reconnaître et voir en quel état il se trouve à présent et d'en dresser procès verbal.
En conséquent de ce, nous sommes transportés au dit Ostein et pris avec nous les honnêtes Jean MILLER, maître charpentier et bourgeois d'Issenheim et Jean Georges SCHLICHTHERLEN, maître maçon et bourgeois de Merxheim.
1) Sur les greniers d'en haut, il faut faire une toiture à neuf à raison que le bois est extrêmement pourri. A cet effet, il convient d'employer 10 pièces de bois de sapin et 24 planches. A l'égard de la couverture, en couvrant la toiture à tuiles simples, on trouvera suffisamment de tuiles et de lattes.
2) Dans la chambre à main gauche, au-dessous des greniers d'en haut il n'y a ni fenêtre, ni porte. Convient 25 carreaux de pierres pour réparer le pan. Les lieux communs sont tombés, en la chambre qui est joignante il n'y a ni fenêtre, ni porte, en la 3e chambre de même, et une petite place de pavé doit être réparée avec des pierres larges.
3) A l'étage d'en bas, nous avons trouvé, savoir en la chambre à main gauche
u grosse 'il n'y a aucune fenêtre et que la -rosse pierre qui supporte le manteau de la cheminée à la française qui est en ladite chambre est cassée en 2 pièces. Pour réparer la cheminée il faut un crampon de fer. La porte de la chambre ne vaut rien.
En la cuisine joignante il n'y a aucune fenêtre et le plancher d'en bas est très caduque. Le fourneau ne vaut rien.
4) Au bâtiment qui est sur la porte, à l'entrée du château, savoir en la petite chambre appelée la tour, il n'y a aucune fenêtre, ni porte.
Au poêle joignant, aucune fenêtre, ni fourneau.
En l'allée proche le poêle, aucune fenêtre, ni porte et convient 25 carreaux pote- le pavé.
En la chambre proche de l'allée, ni fenêtre, ni porte.
Le poêle joignant est entièrement ruiné à la réserve des murailles.
5) La toiture qui est sur le dit bâtiment doit être couverte à neuf. Il faut 10 pièces de bois pour le réparer.
Plus le plancher du -renier est entièrement ruiné car les planches et les poutres sont pourries.

6) La galerie en la cour du château qui était attachée au dit bâtiment est tombée.
7) Concernant l'écurie au-dessous du dit bâtiment le pavé est ruiné, et la porte ne vaut rien.
8) Les degrés sans porte, ni fenêtre.
9) Les deux bâtiments attachés au château sont tombés, ne reste rien que les murs lesquels menacent chute sous peu.
10) La petite cuisine au-dessous de la tour est sans porte et n'est point pavée.
11) Le puits est sans eau et sans chaîne.
12) Le poêle d'en bas est sans porte et sans fenêtre. Il n'y a point de fourneau et il est nécessaire de recrépir les murs.
13) La chambre à l'entrée du château, appelée la chambre de la porte, est sans porte sans fenêtre, ni pavée et les murs doivent être recrépis.
14) Les croisées des fenêtres à l'entour du château sont sans contrevent.
15) La voûte du trou à mettre des naveaux est sans porte et le mur est cassé.
16) Les granges et écuries de la basse cour du château sont entièrement ruinées et les murs à l'entour de la dite cour se trouvent en un méchant état et il n'y a aucune porte à l'entrée d'icelle".
Cette description, complète s'il en est, confirme l'appréciation flatteuse faite en 1672 par un fonctionnaire français.
"Le château d'Ostein est une ancienne maison dont les bois font voir qu'il a été autrefois quelque chose de considérable. C'est un fief qui appartient aux nobles de ce nom, sans aucun droit..."
En 1707, Pierre ERHARD est concierge du château. En 1709, le château c
d'Ostein dont une partie n'est pas habitable, est presque ruiné.
En 1714, on le dit tout en ruine. Il n'en reste qu'un vieux bâtiment sur la porte, qu'il faut absolument réparer. Il est successivement loué par le tailleur Jean HALM, puis par Joseph ERNST, enfin à partir de 1725 par un pauvre homme.
En 1727, le hameau d'Ostein est le théâtre d'un meurtre d'enfant. La petite Marie Anne MARTIN succombe à un coup à la tête, porté par Jean FRANTZ d'OSTEIN. Lors de l'enquête relative à cette malheureuse affaire, on précise que le corps de la victime repose dans une chambre "en haut du château d'OSTEIN". A la suite de son procès, Jean FRANTZ sera condamné à mort, puis pendu à Issenheim.

En 1731, le poêle avec quelques autres aisances, que les Antonins louaient encore pour 30 Livres en 1727, dans l'enceinte du château d'Ostein; n'est plus habité. Les jardins du château sont convertis en prés. Les Antonins proposent de faire enlever les débris des murailles qui séparent toutes ces petites pièces pour en faire un beau pré.
En juillet 1735, les restes de ces murs sont vendus au charpentier et au chirurgien de l'ordre. Lors des inondations de 1757, les eaux de la Lauch se jettent contre le vieux château d'Ostein.


La lente agonie du hameau

Alors que l'on assiste au démantèlement des restes du château, opération qui mènera à sa totale disparition, les dernières habitations d'Ostein s'apprêtent à vivre le même sort. A la fin du 17e siècle nous recensons encore 8 maisons individuelles à Ostein.
En 1699, l'une d'elle est entièrement en ruine. En 1716, on n'en mentionne plus que des pans de murs, "alte Mauern stehet".
En 1712, les comptes de la chapellenie d'Ostein font part de revenus provenant de 6 maisons d'Ostein. Lors de la confection du cadastre de 1719, 4 au moins de ces maisons subsistent. Il s'agit d'une grande et de 3 petites.
En 1747, les archives citent la maison ruinée du fabricien d'Ostein. En effet, d'après les comptes, les matériaux récupérés de cette habitation furent mis en adjudication en 1747. Seules trois maisons continuent alors d'exister à Ostein.
Parmi celle-ci la demeure de la veuve de Lienhard SCHERMESSER, petite à la vérité, semble disparaître la première. En 1789, elle a laissé la place à une chenevière.
Bien que les comptes couvrant la période de 1774 à 1778 mentionnent toujours deux maisons, il est plus que vraisemblable que l'habitation d'André SEILLER fut démolie entre 1763 et 1774. En effet, le cadastre de 1774 ne mentionne plus qu'une seule habitation à Ostein : celle de Franz MULLER.
Entre 1779 et 1784, le sol de maison de ce dernier est converti en jardin. Enfin, le cadastre de 1783 ne mentionne plus aucune maison à Ostein.
L'habitat rural du hameau d'Ostein disparaît bel et bien à la veille de la Révolution. Au début du 19e siècle, plusieurs contrats d'acquisition parlent, par exemple, "de champ sur lequel existait une maison par la suite démolie".


La triste fin de l'église Saint Barthélemy

En 1594, la chapellenie d'Ostein est administrée conjointement par le précepteur des Antonins d'Issenheim et par la famille noble d'OSTEIN. Un religieux de cette communauté en est le chapelain. Un receveur laïc gère les fonds et les revenus de celle-ci.
En 1599, le précepteur Franz BEER adresse une requête à l'évêque de Bâle concernant la restauration de la chapelle. Le sanctuaire menace de ruine et nécessite une totale reconstruction. Dans sa réponse, l'évêque ordonne à BEER de s'occuper du rétablissement de l'édifice. Presque un siècle après, un noble d'Ostein est sommé de contribuer pour moitié à une nouvelle réparation de la chapelle, qui tombe en ruine.
Au début du 18e siècle, la chapelle rend 6 livres et 5 sols monnaie de Bâle pour trois grandes messes qu'on y célèbre. De cette somme, les Antonins donnent 2 livres 5 sols aux pauvres. En 1731, le menuisier Georges WISLER fabrique des chaises, une chaire et une porte d'entrée destinées à la chapelle, pour Lin montant de 52 Livres.
Les comptes de 1758 mentionnent d'importants travaux effectués à la toiture et aux murs de ce bâtiment. Près de 3000 tuiles neuves sont posées, les murs internes et externes sont enduits de crépi.
Entre 1764 et 1769, des maçons réparent le mur du cimetière d'Ostein. On procède à l'acquisition de vitraux. Dix ans après, le receveur achète une non-% elle corde pour sonner la cloche, fait redorer le crucifix et commande 7 demi-quintaux de chaux pour badigeonner la chapelle.
Entre 1779 et 1784, divers travaux d'entretien nécessitent trois jours d'occupation pour le maçon et son aide. De 1788 à 1793, la municipalité d'Issenheim, s'occupe de la comptabilité de la chapelle supprimée.
Au chapitre des dépenses figure l'achat d'une clochette, le lavage et le repassage des habits d'église et la main-d'oeuvre du forgeron concernant une interention à la cloche.
En effet, à la date du 23.11.1792, la commune d'Issenheim dépose au district une cloche et un très vieux calice d'argent provenant de la chapelle d'Ostein.
Le 22 Messidor An 4, 4 juin 1796, la chapelle d'Ostein est décrite en très bon état. La nef et le choeur sont en maçonnerie et en pierres de taille. Ce corps de bâtiment mesure 16,50 m de long, 6,45 m de large et 4,75 de hauteur, devant cette construction s'élève le clocher. Ses dimensions sont de 5,85 m
de longueur; 4,75 m de largeur et de 11,70 m de hauteur.

L'ensemble, entouré d'un terrain clos d'un mur d'appui d'environ 9 ares de superficie, sur lequel se trouvent 9 noyers, est proposé à la vente comme bien national, pour la somme de 1500 Livres.
Le contrat de vente est daté du 27 fructidor an 4, le 13 septembre 1796. L'acquéreur est André RISACHER, l'ancien prévôt seigneurial d'Issenheim. Au début du 19e siècle, une enquête sur les églises désaffectées nous apprend que la chapelle d'Ostein est vendue et démolie.


S'Geischterbargala

Au début du siècle dernier, Ostein a disparu sans laisser de traces visibles. Mais à chaque pas, le soc de la charrue y rencontre des murs de fondations, des tuiles ou des sépultures en pierres. Beaucoup de ces tombes paraissent dater de l'époque mérovingienne. Au dire des anciens du village, ils recelaient des guerriers francs d'une taille colossale. Nombre de ces tombeaux serviront d'abreuvoirs aux bestiaux d'Issenheim.
Ostein entre dans la légende. Des revenants, d'Geischter, y manifestent leur présence :
L'un d'eux est le chasseur nocturne du Wamschturm, l'ancien château de Bergholtz. Il quitte sa demeure, le Grand Ballon, dans son carrosse; passe par l'Oberlinger et via Bergholtz se rend dans les ruines de la colline hantée d'Ostein. Malheur à celui qui, à minuit, croise son chemin et pousse le cri de «Hudada»
Il se réveillera le lendemain matin, vêtu d'une seule chemise de nuit, sur les hauteurs de l'Oberlinger ou du Belcha.
D'autre part une dame blanche hante les ruines, effrayant le passant nocturne. A ce sujet on raconte l'histoire suivante (soi-disant véritable). Cela se passait peu de temps avant la première guerre mondiale. Un commerçant habitant Issenheim revenait fort tard d'une tournée d'affaire à Gundolsheim. Il avait emprunté le raccourci passant devant le «Geischterbargala» comme il était d'usage ces temps-là. Il est minuit quant il arriva à hauteur de la colline. Soudain une dame blanche lui barra le chemin. Transpercé par une froidure intense il voulut fuir. Ses jambes refusaient leur usage et il ne reconnut plus les lieux. Il erra jusqu'à la levée du jour par champs et prés. Ce n'est qu'au petit jour qu'il revint chez lui, se coucha et fut malade pendant quelque temps. Jusqu'à la fin de sa vieil ne s'aventura plus jamais dans ces - paraes.


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