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Mairie d'Issenheim
2 rue de rouffach
Tél 03 89 62 24 30
Fax 03 89 62 24 31

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Index de l'article
L'ordre des Antonins
La préceptorerie d'Issenheim
Tracasseries quotidiennes
Le retable d'Issenheim
La guerre des paysans
Franz Beer
L'Empereur Rodolphe II
1618-1648 : La guerre de 30 ans
La dépouille du Couvent des Antonins
Toutes les pages

L'Ordre des Antonins

L'Ordre des Antonins a été créé en France à la fin du XIe siècle, à la suite d'une grande épidémie d'une maladie appelée « le feu de sacré » qui ravagea le pays et pour laquelle saint Antoine était invoqué comme saint auxiliateur. En 1095, à Saint-Antoine en Dauphinois, la première confrérie laïque se constitue et fonde un hôpital, sur l'initiative d'un noble dont le fils avait été guéri du mal dit de Saint Antoine.

L'Ordre des Antonins acquiert très rapidement une grande renommée et de nombreuses fondations se créent dans toute l'Europe.

La vocation principale des Antonins est la médecine. Ils pratiquent leur art surtout dans leurs hôpitaux, souvent aidés par des chirurgiens étrangers à la confrérie. Ils soignent l'épilepsie, la syphilis mais surtout le « feu sacré », tant assimilé à saint Antoine que très vite on l'appelle couramment « feu ou mal de saint Antoine », expression d'ailleurs toujours refusée par les Antonins eux-mêmes.

Le « feu infernal » ou ergotisme gangreneux saint Antoine - retableou convulsif est une maladie provoquée par l'ergot de seigle, et dont les épidémies étaient fréquentes. Elle se caractérise par des sensations de brûlures dans le corps et de froid dans les extrémités, les pieds et les mains touchés par la gangrène noircissent et se détachent des membres.

Parmi les médicaments utilisés par les Antonins figuraient le baume de saint Antoine et le Saint-Vinage, vin dont on aspergeait d'abord la statue du saint, mais sa composition exacte en plantes médicinales a été perdue.

La puissance de l'Ordre était renforcée par l'appui que les Antonins trouvaient auprès des papes dont ils étaient d'ailleurs les médecins. En 1297, une bulle de Boniface VIII érige la confrérie , jusque-là laïque, en ordre de chanoines réguliers soumis à la règle de saint Augustin , et les prieurés avec les hôpitaux qui s'y rattachent en abbayes.

L'afflux de pèlerins, attirés par les succès médicaux, et le nombre croissant de confréries dans toute l'Europe nécessitaient des moyens financiers importants. Dès le Me siècle, des collectes systématiques sont organisées et effectuées par les « messagers de saint Antoine ». Peu à peu, de coutumes, ces collectes deviennent des institutions.

En 1330, le pape Jean XXII accorde à l'Ordre des Antonins le monopole du culte de saint Antoine.

L'élevage des porcelets offerts aux confréries est une autre source de revenus non négligeable. A la fin du XIII siècle, des bulles pontificales de Clément IV d'abord, puis de Boniface VIII établissent de manière définitive cet usage en accordant aux Antonins un droit absolu sur les «cochons de saint Antoine» : "d'r Sau Toni" .

Ceux-ci étaient marqués du Tau, signe qui a la forme de la lettre T et que les Antonins portaient également sur leur manteau, et ils avaient une clochette autour du cou.


La préceptorerie d'Issenheim

Parmi les nombreux couvents, celui d'Issenheim nous intéresse particulièrement.

Situé sur la route de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle ou vers Rome, sa fondation remonte au XIII, siècle. Préceptorerie générale, Issenheim a sous sa dépendance les hôpitaux antonins de Bâle, Strasbourg ainsi que d'autres préceptoreries allemandes.

Bien que le couvent fasse partie du Saint-Empire germanique, les précepteurs, la plupart du temps des hommes très réputés, sont français, ainsi Jean Bertonneau, conseiller du roi de France et des ducs de Bourgogne.

D'après certains, la fondation de la maison d'Issenheim serait antérieure à 1277. Aucune trace écrite ne confirme ces dires. En 1298, les Chevaliers de l'ordre Teutonique de Guebwiller, en proie à des difficultés d'ordre financier, vendent une de leurs propriété, sise à Issenheim, aux frères hospitaliers de l'ordre des Antonins.

Il s'agit d'un complexe immobilier, situé à proximité du château seigneurial d'Issenheim, derrière la maison commune. En 1697, d'anciennes fondations et des pierres tombales attestent encore de l'établissement primitif des religieux en cet endroit.

En 1313, l'abbaye de Murbach vend pour la somme de 800 Marks en argent, monnaie de Bâle, le Dinghof, ainsi qu'une partie de la commune d'Issenheim aux Antonins. L'archevêque de Besançon, les évêques de Bâle et de Strasbourg, ainsi qu'Ulric Il, dernier comte de Ferrette, opposent leurs sceaux sur l'acte d'achat, signé à Guebwiller le lundi de la Purification.

Les religieux s'installent pour, des siècles, dans leur nouvelle propriété. Celle-ci se situe à la sortie occidentale du village. L'évêque de Bâle, diocèse dont fait alors partie la Haute Alsace, accorde aux Antonins le droit de patronage de l'église paroissiale Saint-André, ainsi que les droits et biens y attenant que Murbach possédait jusqu'au 5 février 1313, date de la vente.

En 1353, le pape Innocent VI exempte les Antonins d'Issenheim de la jurisdiction épiscopale.

En 1402, le pape Boniface IX leur accorde le privilège de sonner les cloches et de chanter aux offices, même pendant un interdit. Entre temps, l'évêque de Bâle avait ordonné à ses fidèles de permettre aux Antonins de collecter des aumônes pour leur maison. L'évêque de Strasbourg leur accorde le même droit.

Successivement en 1372, 1396, 1408 les papes prennent le couvent d'Issenheim sous leur protection.

Catherine de BOURGOGNE, épouse de Léopold IV d'Autriche, suit ces exemples.

Les Antonins dépensent annuellement 50 Florins pour jouir de la protection de la Maison d'Autriche.

En 1401, le Roi Ruprecht leur accorde l'exemption de péage en Alsace. Le château d'Issenheim appartient au domaine autrichien. Certains nobles de Hus sont en très bons termes avec le couvent. D'autres leur sont peu favorables.


Tracasseries quotidiennes

Parmi les nobles peu favorables aux Antonins figure Jean Ulrich de HUS d'ISSENHEIM.

Vers la fin du 14e siècle, il est seigneur d'Issenheim.

Le précepteur Guillaume de SARON et son successeur Jean JENAUDAN endurent de cruelles vexations de la part de ce personnage. Divers documents extraits de leurs litiges, nous instruisent sur la nature des difficultés qu'éprouvent les Antonins lors de leur installation à Issenheim. Ils justifient les nombreuses protections dont ils sont l'objet.

Parmi les revendications légitimes des religieux, par ailleurs contestées par la partie adverse, figure la permission de mener paître avec leur berger, autant de têtes de bétail que le précepteur en a trouvé en entrant en fonction.

Le commandeur se plaint également du fait que Jean Ulrich de Hus fait régulièrement boucher le ruisseau qui alimente l'étang des religieux.

Contrairement à une autorisation accordée en 1407, le seigneur d'Issenheim empêche les domestiques des Antonins de prendre du sable de la Lauch pour leurs ouvrages de maçonnerie.

Plus grave encore, lors des grands jubilés qui drainent de nombreux pèlerins, Jean Ulrich de HUS fait creuser de profonds fossés et même démolir le pont sur la rivière pour empêcher ces derniers de visiter l'église des Antonins.

De la même manière, il interdit de roulage les charrettes et chariots de la maison.

Enfin, par une ruse indigne de son rang, il fait rompre les aqueducs et autres canalisations des religieux.

Dans un autre acte il est fait mention des droits et péages que le seigneur d'Issenheim réclame injustement, jusqu'à l'intérieur de leur cloître, aux marchands qui viennent y exposer leurs articles. A plusieurs reprises, il fait forcer et vider le tronc situé dans l'église à proximité de l'autel de Saint-Antoine.

Il commande le vol des poutres destinées à la réparation de l'église et s'en sert pour construire un pont devant sa forteresse : le château d'Issenheim.


En 1420, il profite d'une invitation à déjeuner chez le précepteur pour enlever au grand jour, à l'aide de ses paysans, 20 pièces de bétail parmi les plus belles et les meilleures. Il en fait abattre 13 sur le champ. Des valets de Saint-Antoine, ramenant deux chariots de bois, sont contraints de conduire ces dernières dans son château.

De même, défense est faite aux sujets de la seigneurie de s'acquitter de leurs cens et de leurs rentes en faveur du couvent. Le Seigneur exige le droit de taille au personnel du cloître, extorque des pauvres de leur hospice, maltraite le jardinier de l'ordre.

Ses excès le pousse à obliger le meunier des Antonins à moudre en sa faveur ou encore de s'adjuger pendant près de 20 ans les revenus de la première messe.

Ses paysans ne rendent plus aucun compte des revenus de la fabrique de l'église paroissiale Saint-André.

Terrorisé par les exactions et les menaces de mort proférées à son égard par l'excommunié seigneur de HUS, le pauvre curé d'Issenheim n'ose même plus dire la messe en sa présence.

Jean d'Orlier

Jean d'ORLIER est issu d'une très ancienne lignée noble de Savoie. Né aux alentours de 1425, il devient en 1451 déjà, précepteur du Couvent des Antonins à Ferrare, en Italie.

Fin 1463, on lui propose la préceptorerie d'Issenheim. L'établissement de Haute-Alsace occupe alors une soixantaine de personnes, financièrement dépendantes, parmi lesquelles 8 religieux et une vingtaine de malades infirmes.

Au contraire de ses prédécesseurs à Issenheim, Jean d'ORLIER a le sens des affaires. Jamais durant ses fonctions, il ne sera question de plaintes stéréotypées enregistrées par le passé.

En 1472, il rachète pour la somme de 700 Gulden, les villages de Merxheim et de Raedersheim à Jacob von RUSECK. Il s'engage énergiquement, face à l'évêché de Bâle, pour l'incorporation de l'église paroissiale d'Issenheim, chose finalement reconnue en 1482. En 1480, il fonde une troisième messe pour les pèlerins qui, tôt le matin, décident de reprendre la route.

Mais il déploie l'essentiel de son activité pour l'embellissement de l'église conventuelle d'Issenheim, qui par son biais, entre définitivement dans les annales de l'histoire de l'art. Le choeur de cet édifice fut érigé sous le préceptorat de Jean JENAUDAN (1394-1419). D'ORLIER se consacre donc à la poursuite des travaux de construction de la nef. Ceux-ci achevés sous la direction de son successeur Guido GUERSI qui y adjoindra le clocher, la façade ouest, les voûtes et la sacristie.

En été 1471, il fait appel au célèbre artiste colmarien Martin SCHONGAUER, alors à peine âgé de 26 ans, et lui passe commande d'une gravure illustrant la "Tentation de Saint-Antoine dans le désert".

Les deux hommes entretiennent de durables et bonnes relations. Vers 1475, SCHONGAUER créé pour les Antonins un splendide retable, appelé le petit retable d'Issenheim ou encore le retable d'Orlier.

Suite à une autre commande de Jean d'ORLIER, Nicolas de HAGUENAU exécute vers 1490, la partie sculptée du grand retable d'Issenheim.

En 1490, Jean d'ORLIER renonce à la préceptorerie d'Issenheim et se retire. Il avait été un grand ami de Barthélemy d'ANDLAU, Prince-abbé de Murbach et l'un des plus remarquables mécènes de l'art en Haute-Alsace.

Guido Guersi

Guido GUERSI, son successeur est originaire de Sicile.

Il complète le sanctuaire des Antonins en y ajoutant des nefs latérales dans le style du gothique finissant. Il l'embellit aussi par des stalles splendides.

Il choisit Maître MATHIS, encore appelé GRUNEWALD, pour exécuter les volets peints du célèbre retable d'Issenheim. L'oeuvre aurait été réalisée entre 1512 et le 19 février 1516, date du décès de Guido GUERSI.

Hans HOLBEIN, le Vieux, séjourne également à Issenheim. Il y transporte même son atelier. Il est vraisemblablement décédé à Issenheim vers 1524.



Maître Mathis dit Grunewald

La biographie de ce peintre constitue l'une des plus grandes énigmes de l'histoire.

Ses contemporains le nomment Maître Mathis. Le nom de GRUNEWALD n'apparaît qu'en 1675.

Plusieurs hypothèses circulent parmi les historiens. Nous n'allons pas nous y étendre, des dizaines d'ouvrages y étant spécialement consacrés. En 1986 Georges BISCHOFF, historien originaire de Guebwiller, découvre quelques pièces intéressantes dans les Archives Municipales de Belfort.

Des comptes de cette ville, datant des années 1523-1524, font mention de peinture payées à un prix élevé, donc exécutées par un artiste renommé, appelé "Mester Mathis". Cette dernière dénomination à caractère germanophone, incite à un rapprochement avec l'auteur du retable d'Issenheim.

A cette époque, Issenheim et Belfort ont le même seigneur : le baron Jean de MORIMONT, un mécène. D'autre part, les Antonins d'Issenheim y possèdent une maison et dirigent la Commanderie de Froideval, située à quelques kilomètres seulement de là.

Bischoff découvre d'autres documents qui attestent de la présence de Maître MATHIS à Orschwihr en 1523, à Ribeauvillé et à Fribourg en Brisgau en 1525.

Il incline à penser que Maître MATHIS a vécu plus longtemps dans notre région que les historiens allemands ne l'admettent en général.

Le retable d'Issenheim

"Chef-d'oeuvre de la peinture de tous les temps et de tous les pays".

C'est ainsi qu'Hans HAUG qualifie le polyptique de la préceptorerie des Antonins d'Issenheim. Il s'agit d'un retable à transformation, consacré à saint Antoine l'Ermite et aux mystères de l'Incarnation terrestre du Christ, de l'Annonciation à la Résurrection. On pouvait, au cours de l'année liturgique, en présenter les trois aspects différents.

Maître MATHIS, peintre attitré des archevêques électeurs de Mayence, se trouvait en présence d'un retable dont le centre, sculpté, peint et doré est attribué à Nicolas de HAGUENAU. Les sculptures secondaires de la prédelle sont l'oeuvre de Sébastien BEYCHEL.

Avec le retable d'Issenheim, le Moyen Age haut-rhénan trouve son accomplissement. Comme son auteur, le pays est mûr pour la Réforme.


La guerre des paysans

Grâce à l'amitié qu'entretenait Jean BERTONELLI, encore appelé BERTONNEAU, précepteur de 1439 à 1459, avec le chef des Armagnacs (die armen Gecken), le couvent d'Issenheim avait été épargné par ces derniers en 1444.

En 1525, par contre, il est dévasté par les rustauds. Les paysans en révolte mettent à sac l'hospice des Antonins. Les religieux s'enfuient vers Nancy pendant que la meute des insurgés pille et incendie l'établissement monastique, symbole de l'oppression des classes paysannes.

Les Antonins gardent cependant la présence d'esprit de mettre en sûreté, à Colmar et à Belfort, l'argent et l'orfèvrerie de leur couvent.

Heureusement que ces paysans n'étaient pas des briseurs de tableaux


Franz Beer

En 1562, Pierre AMYOT devient précepteur d'Issenheim.

A la suite de sa mauvaise administration, le gouvernement autrichien, à Ensisheim, l'oblige à se retirer. Aussitôt, il quitte l'ordre et renonce à la religion catholique pour embrasser le luthéranisme. A sa retraite, en 1575, la direction du couvent est confiée à Franz BEER (1550-1611), originaire de Thann.

Celui-ci entreprend la rénovation interne de l'établissement. Il embellit le jubé du sanctuaire par des statues de Saint-Antoine et de Saint-Paul, sculptées par Pierre KARCHER, maître d'oeuvre de la Collégiale de Thann.

Il entoure les malades et les infirmes de son hospice de médecins renommés. Il rédige aussi des livres et des manuels destinés à la jeunesse.

Il fonde un collège à Issenheim et favorise le plain-chant.

En 1595, il est sacré co-adjuteur du Prince-Evêque de Bâle.


L'Empereur Rodolphe II

Prétextant des graves périls auxquels de fréquents passages de troupes exposeraient le retable d'Issenheim, l'Empereur Rodolphe II essaie, par l'intermédiaire de trois courriers particulièrement insistants, envoyés entre juillet et octobre 1597, de se faire remettre le chef d'oeuvre.

Il propose même de lui substituer une copie. Remarquons qu'à cette époque, l'auteur des fameuses peintures est déjà oublié.

Vers le milieu du 17eme siècle, Maximilien de Bavière à son tour offrira, en vain, plusieurs milliers d'écus pour l'acquisition du polyptique.


1618-1648 : La guerre de 30 ans

Les nombreux épisodes guerriers du 17eme siècle sont catastrophiques pour le célèbre couvent d'Issenheim. Diverses épidémies, la peste notamment, aggravent l'état général des populations sinistrées.

Laurent KOHLER, précepteur de 1611 à 1651, assiste au pillage de l'établissement par la troupe de MANSFELD, en janvier 1622. Ces cavaliers causent un dommage de 2253 Florins au couvent, Ils enfoncent les portes et les armoires, emportent des meubles, vident la forge. Ils incendient les granges et les étables.

La situation empire à partir de 1632, date de l'invasion du pays par les terribles mercenaires à la solde des Suédois.

En 1635, le couvent est entièrement saccagé. En 1637, il est abandonné. Le précepteur KOHLER se réfugie à Thann.

Après la guerre de 30 ans, la communauté des Antonins est dissoute. Des chanoines réguliers de l'Ordre des Augustins s'installent à Issenheim.

En 1777, ils sont réunis aux Johannites de Soultz. La plupart de leurs biens sont alors affermés.

Depuis 1786, les bâtiments conventuels sont entre les mains de Georges Xavier NANSÉ, notaire à Colmar et fermier général du domaine. Son bail de 9 ans l'oblige cependant à loger le curé d'Issenheim, à main droite dans la porterie.

Pendant la tourmente révolutionnaire de la fin du siècle, l'ancien couvent est déclaré "bien national". L'église et le choeur qui abrite toujours le retable, sont évalués à 1500 livres.

En 1796, NANSÉ acquiert l'ensemble du clos.

En 1802, il fait démolir la tour de l'église, située à l'ouest de l'édifice. En août 1806, un rapport d'enquête sur les églises désaffectées fait mention d'une démolition partielle du bâtiment, susceptible encore d'être réparé.

En 1809, la commune d'Issenheim cherche à l'acquérir en vue d'y installer la paroisse. Après de longues hésitations, NANSÉ finit par donner une réponse négative. En 1823, la municipalité s'y intéresse à nouveau, mais le curé d'Issenheim fait observer qu'elle n'est plus assez fermée pour le service divin.

Quelques années plus tard, ses vestiges sont la proie des flammes.

En 1839, lors de la confection du plan cadastral de la localité, l'emplacement de l'ancienne église des Antonins est mentionné comme cour.


La dépouille du Couvent des Antonins

Le 4 février 1793, les commissaires Louis VAILLANT et Louis HOMBERGER, nommés par arrêté du district de Colmar, se rendent au couvent des Antonins. Assistés du procureur et de deux membres de la municipalité d'Issenheim; ils procèdent à l'estimation des bâtiments et dressent l'inventaire des meubles, des vases sacrés et des ornements.

L'inventaire exhaustif des nombreux objets d'art et des riches ornements dont s'enorgueillissaient les Antonins nous permet d'imaginer l'intérieur de cette splendide église, aujourd'hui démolie. Un dessin au trait de cette église, fait en 1822 par M. SCHACRE architecte à Mulhouse est un complément indispensable à la restitution par la pensée de cet édifice renommé.

Dans l'église

  • Premièrement, dans le choeur, le maître-autel en bois marbré et doré, au dessus duquel se trouve un grand tableau peint sur bois représentant un Christ. Ce tableau est peint sur deux battants fermant en forme d'armoire, laquelle renferme différentes autres peintures aussi sur bois, dans le fond de laquelle se trouve une statue en bois d'une sculpture antique, représentant la figure de saint Antoine.
  • Au dessous de ce tableau sont des bustes ou demi-reliefs sculptés en bois, peints en huile et dorés, représentant les figures de Jésus-Christ et de ses douze apôtres. La sculpture de ces bustes, quoique antique, nous a paru digne de l'attention des connaisseurs.
  • Aux deux côtés de ce tableau s'en trouvent deux autres aussi peints sur bois, qui sont attenants, dont l'un représente saint Antoine et l'autre saint Sébastien. La peinture de tous ces tableaux est antique et paraît sortir du pinceau d'un artiste célèbre.
  • Plus sur le tabernacle un Christ avec sa croix de cuivre argenté.
  • Plus six grands chandeliers fort vieux de cuivre argenté, estimés à 18 livres.
  • Plus deux petits chandeliers de cuivre jaune, estimés à 1 livre 4 sous.
  • Plus quatre vieux rideaux d'indienne avec leurs tringles, estimés à 6 livres.
  • Plus deux vieilles tables en stuc aux deux côtés de l'autel, avec leurs pieds sculptés et dorés, estimés à 6 livres.
  • Plus derrière le maître autel, un bassin de cuivre rouge étamé, servant pour les fonts baptismaux, estimé à 4 livre 10 sous.
  • Plus une petite clochette de cuivre, estimée à 8 sous.
  • Plus une vieille lampe de cuivre argenté, estimé à 1 livre 10 sous.
  • Plus un vieux lustre à l'antique, de fer doré', estimé à 3 livres.
  • Nous observons qu'il règne tout autour du choeur une boiserie moderne en panneaux de bois de chêne mais que les stalles qui sont aussi en chêne, sont d'une structure antique'.
  • L'entrée du choeur séparative de la nef est fermée par un grillage de fer portant le millésime 1760, fermant à deux battants, ayant au dessus des armoiries dorées estimé à 100 livres.
  • Plus dans la nef à droite, un autel collatéral dont le dessus en forme d'armoire fermant à deux battants, sur lesquels est une peinture ancienne à l'huile de peu de valeur, et dans le fond de laquelle armoire sont deux statues antiques de bois représentant des figures de saints, grossièrement sculptées'.
  • Plus sur cet autel, un crucifix et quatre chandelliers de bois argenté.
  • Plus sur le côté, un bénitier de cuivre jaune avec son anse aussi de cuivre, estimé à 2 livres.
  • Plus à gauche un second autel collatéral, dont le dessus est aussi en forme d'armoire à deux battants également peints et dans le fonds de laquelle est une grosse et antique statue de la vierge en bois'.
  • Plus un crucifix avec quatre chandeliers de bois argenté.
  • Plus quatre vieux confessionaux en bois de sapin.
  • Plus deux petits tableaux aux deux côtés de la principale porte d'entrée, peints sur bois en huile et or, fort antiques, mais dont la peinture n'a rien de remarquable.
  • Plus au clocher trois cloches pesant ensemble environ six quintaux et demi.


Dans la sacristie

  • Premièrement un ostensoir en forme de pyramide en vermeil et cristal.
  • Plus un ciboire de vermeil.
  • Plus deux calices de vermeil.
  • Plus un autre calice d'argent dont l'intérieur de la coupe est dorée.
  • Plus un reliquaire d'argent en forme de T renfermant des reliques de saint Antoine 6.
  • Plus une botte d'argent pour les saintes huiles.
Ce lustre était suspendu devant le grand autel; il était en cuivre doré, à dix branches et d'un magnifique travail.

Des statuettes et des ornements provenant de ces stalles font partie des collections du Musée. Ces sculptures portent la date de 1493.

3 Ces armoiries consistaient en un aigle à deux têtes accoté d'une couronne et chargé sur la poi-trine d'une petit écusson portant un T ou crosse de saint Antoine.

4 Ces deux personnages doivent avoir été saint Laurent et sainte Catherine; car, sur les panneaux qui les encadraient et que possède le Musée, le peintre a figuré des scènes de la vie de saint Lau-rent et de sainte Catherine, ainsi que leur martyre.

Cette statue n'existe plus, mais les deux volets du dyptique font partie de la galerie de l'école allemande du Musée de Colmar. Ce sont les deux magnifiques panneaux attribués à Martin SCHONGAUER et représentant d'un côté la Vierge adorant l'Enfant Jésus et saint Antoine, ermite, et de l'autre la Vierge et l'ange de l'Annonciation.

6 Il s'a git sans doute d'une croix en forme de tau, qui, d'après un inventaire de 1628, avait un demi-pied de haut et à laquelle était suspendu, par une chaînette en argent, un tau de moindre dimension renfermant des reliques de provenance incertaine.



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